Le syndicat SUD éducation Isère

Le syndicat SUD éducation Isère s'est officiellement créé le 9 mars 2022, suite à la départementalisation de la section iséroise du syndicat SUD éducation académie de Grenoble (créé en novembre 1997).

Lorsque des syn­di­ca­listes créent les syn­di­cats SUD à la fin des années 1980, l’aspiration à plus de démo­cra­tie syn­di­cale est déjà là. SUD, c’est Solidaires, Unitaires et Démocratiques.

À l’origine du pro­jet fon­da­teur de SUD, il y a la volonté de créer une véri­table alter­na­tive aux machines pyra­mi­dales que sont les grosses cen­trales syn­di­cales de l’époque. Pour cela, les militant·e·s des SUD vont pro­mou­voir des pra­tiques syn­di­cales et de lutte qui font encore aujourd’hui des SUD-​Solidaires des orga­ni­sa­tions « à part » dans le champ du syn­di­ca­lisme : démo­cra­tie directe, rota­tion des tâches, contrôle des mandats…

Promouvoir la démo­cra­tie directe…

La concep­tion de la démo­cra­tie à SUD édu­ca­tion s’oppose à la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive telle qu’on la connaît aujourd’hui en France. Dans la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, les citoyens délèguent leur pou­voir aux élu·e·s. Ces élu·e·s sont censé·e·s repré­sen­ter la volonté géné­rale, votent la loi et l’appliquent.

SUD édu­ca­tion pro­meut la démo­cra­tie directe : les adhérent·e·s décident directement.

Elles et ils n’obéissent pas à un man­dat pré­éta­bli car les élu·e·s sont l’incarnation de la sou­ve­rai­neté natio­nale, néces­sai­re­ment libre. La démo­cra­tie repré­sen­ta­tive montre néan­moins ses limites : les inté­rêts des élu·e·s ont ten­dance à pri­mer sur ceux des électeur·trice·s, on observe des phé­no­mènes de « pan­tou­flage » ainsi qu’une homo­gé­néi­sa­tion des caté­go­ries socio-​professionnelles des élu·e·s, tou·te·s issu·e·s des mêmes écoles.

Au contraire, SUD édu­ca­tion pro­meut la démo­cra­tie directe : les adhérent·e·s décident direc­te­ment. Ainsi, dans le syn­di­cat SUD édu­ca­tion, il n’y a pas d’élu·e·s, ce sont ses membres, les adhérent·e·s, qui exercent direc­te­ment leur pou­voir de déci­sion dans les assem­blées générales.

… avec non pas des élu·e·s mais des mandaté·e·s

Réuni·e·s en assem­blées géné­rales à l’échelle locale, sou­vent dépar­te­men­tale, les adhérent·e·s échangent et construisent des man­dats que certain·e·s d’entre eux et elles devront por­ter. Ces adhérent·e·s mandaté·e·s peuvent béné­fi­cier ou non d’une décharge de leur ser­vice dans l’Éducation natio­nale pour effec­tuer ces tâches. Si cer­taines tâches syn­di­cales néces­sitent un temps de décharge, celui-​ci est tou­jours limité en quo­tité : jamais plus d’un mi-​temps ; et en durée : jamais plus de huit ans consé­cu­tifs. Le syn­di­ca­lisme, ce n’est pas un métier. Pour por­ter les reven­di­ca­tions des per­son­nels, il faut d’abord par­ta­ger leur quo­ti­dien. Ensuite, on observe que ces règles per­mettent une rota­tion des man­dats qui est béné­fique à la démo­cra­tie. Il faut à tout prix empê­cher que les moyens syn­di­caux ne soient cap­tés par une mino­rité de per­sonnes qui pour­raient en pro­fi­ter pour amé­lio­rer leur quotidien.

L’indépendance poli­tique : un prin­cipe fondateur

Les militant·e·s de SUD édu­ca­tion se réfèrent à un texte vieux de plus d’un siècle et pour­tant encore très actuel, la Charte d’Amiens, qui défi­nit l’indépendance des orga­ni­sa­tions syn­di­cales à l’égard du patro­nat et de l’État, mais aussi des groupes poli­tiques ou reli­gieux. Ce sont les adhérent·e·s qui décident des orien­ta­tions du syn­di­cat, et la démo­cra­tie syn­di­cale ne sau­rait accep­ter l’intrusion de groupes qui lui sont exté­rieurs dans ses prises de déci­sions. Ainsi SUD édu­ca­tion n’est affi­lié ni subor­donné à aucun parti politique.

Vers l’autogestion : c’est nous qui tra­vaillons, c’est nous qui décidons !

L’autogestion est l’application de cette démo­cra­tie directe au monde du tra­vail. On estime que les pra­tiques déve­lop­pées dans le syn­di­cat : limi­ta­tion des décharges, rota­tion des man­dats, défi­ni­tion col­lec­tive des man­dats… pour­raient s’appliquer dans tous les pans de la société et en par­ti­cu­lier dans le monde du travail.

limi­ta­tion des décharges, rota­tion des man­dats, défi­ni­tion col­lec­tive des man­dats … pour­raient s’appliquer dans tous les pans de la société et en par­ti­cu­lier dans le monde du travail

Il n’est aujourd’hui pas accep­table qu’une poi­gnée d’individus pos­sède les outils de pro­duc­tion des richesses et décide seule de l’avenir de notre pla­nète et des condi­tions de vie et de tra­vail de ses habitant·e·s. Ce sys­tème conduit à une catas­trophe éco­lo­gique chaque jour plus pré­sente et à la des­truc­tion du lien social et des soli­da­ri­tés. Il faut construire un nou­veau modèle auto­ges­tion­naire, dans lequel ceux et celles qui tra­vaillent, dans les entre­prises, dans les ser­vices publics, dans les asso­cia­tions… prennent part aux déci­sions..

Pour des luttes qui appar­tiennent à celles et ceux qui se mobilisent

Ce sont les équipes mili­tantes qui font vivre la démo­cra­tie sociale sur le lieu de tra­vail en orga­ni­sant des heures d’information syn­di­cale et des assem­blées générales

Le syn­di­cat et les luttes col­lec­tives sont de véri­tables labo­ra­toires pour de nou­velles pra­tiques démo­cra­tiques. Transformer la société et lut­ter contre les inéga­li­tés com­mence dès à pré­sent dans la pra­tique syn­di­cale. Le droit à l’information est un droit essen­tiel dans une société démo­cra­tique. C’est pour­quoi lorsque SUD édu­ca­tion siège dans les ins­tances repré­sen­ta­tives de l’Éducation natio­nale, ses équipes mili­tantes dif­fusent publi­que­ment les docu­ments qui concernent le ser­vice public d’éducation.

la recherche du consen­sus est un impé­ra­tif lorsqu’on aspire à plus de démo­cra­tie. Les déci­sions prises doivent conve­nir à tou·te·s, afin d’empêcher les coups de force et l’accaparement du pou­voir par quelques un·e·s.

De même, ce sont les équipes mili­tantes qui font vivre la démo­cra­tie sociale sur le lieu de tra­vail en orga­ni­sant des heures d’information syn­di­cale et des assem­blées géné­rales. Les adhérent·e·s de SUD édu­ca­tion y portent des outils de démo­cra­tie directe et d’auto-organisation per­met­tant à tou·te·s celles et ceux qui le sou­haitent de s’investir.
Pour évi­ter par exemple que la parole ne soit mono­po­li­sée par les mêmes per­sonnes, on peut mettre en place un tour de parole : plus besoin de jouer des coudes pour avoir le droit de par­ler, il suf­fit de s’inscrire. Pour évi­ter que seuls les hommes ne parlent, on peut mettre en place une double-​liste, per­met­tant d’alterner la prise de parole en fonc­tion du genre ou de lais­ser par­ler les femmes en prio­rité. De même, on peut déci­der de la parité dans les man­dats afin d’éviter que les femmes ne soient relé­guées aux tâches de secré­ta­riat par exemple. De même, la recherche du consen­sus est un impé­ra­tif lorsqu’on aspire à plus de démocratie.
Les déci­sions prises doivent conve­nir à tou·te·s, afin d’empêcher les coups de force et l’accaparement du pou­voir par quelques un·e·s.

Enfin, lorsque naissent des mobi­li­sa­tions d’ampleur, on estime à SUD édu­ca­tion qu’il faut dépas­ser le cadre habi­tuel des inter­syn­di­cales en favo­ri­sant l’organisation soit d’assemblées géné­rales locales avec les gré­vistes, soit, si la grève est très bien sui­vie, de coor­di­na­tions dépar­te­men­tales, aca­dé­miques voire natio­nales de gré­vistes mandaté·e·s par leurs assem­blées géné­rales locales. La grève appar­tient à celles et ceux qui la font, syndiqué·e·s et non syndiqué·e·s.