« Acculturer les jeunes à la défense » : pour SUD éducation, c’est non !

Au moment où se met en place la campagne de recrutement pour le service national volontaire, ouverte ce 12 janvier 2026, SUD éducation alerte sur la publication d'un guide produit par le ministère de l'Éducation nationale intitulé « acculturer les jeunes à la défense ». Daté de novembre 2025 et diffusé sur éduscol, ce guide à destination des personnels de l'éducation se donne pour objectifs « le développement du lien Armées-Jeunesse et la diffusion de l'esprit de défense ».

Concomitante des annonces du président sur le service national volontaire, la publication de ce guide témoigne de l'enrôlement de l'école au service d'une politique militariste qui cible la jeunesse. Ce guide accompagne les autres mesures avancées par Macron en complément du service national volontaire : transformation de la journée de défense et de citoyenneté en journée de mobilisation, participation des élèves à au moins une journée commémorative par an, passage des classes défense de 1 à 3 ans, incitation faite aux élèves des classes de 3e et de 2nde et de lycée professionnel à faire des stages dans des unités militaires. Dans un contexte international où s'intensifient les conflits et se multiplient les agressions impérialistes, le gouvernement poursuit sa marche à la guerre et déploie une politique de militarisation de la société qui s'abat tout particulièrement sur la jeunesse. L'école, dévoyée de ses missions, est scandaleusement instrumentalisée à cette fin.

SUD éducation combat l'ensemble de ces mesures et dénonce les liens entre l'éducation nationale et les armées. Ces liens sont contraires au service public d'éducation que nous défendons, au projet d'école émancipatrice que nous portons. Le guide du ministère "acculturer les jeunes à la défense" vient outrageusement renforcer ces liens. Axé sur l'orientation des élèves et le « parcours avenir », il fait de l'école un lieu de recrutement pour les armées et de diffusion de pratiques militaires. Sous prétexte de découverte des métiers, ce guide place les dispositifs scolaires et les projets pédagogiques au service d'une incitation faite aux jeunes à rejoindre les armées. Les stages en milieu professionnel sont une pièce maîtresse de cet enrôlement des élèves : les armées sont présentées comme un « débouché » pour les élèves qui, dépourvu·es de capital social, peinent à trouver un stage. Les élèves issu·es des classes défavorisées sont les cibles privilégiées de cette militarisation à marche forcée. Les stages constituent aussi un appât : le guide indique très clairement qu'à l'issue d'un stage, les unités militaires entretiendront les liens avec les jeunes accueilli·es : « invitation à participer à une cérémonie (11 novembre...), à un déjeuner de promotion l'année suivante, échanges épistolaires lors de déploiements opérationnels ». Incapable de répondre aux besoins d'une jeunesse maltraitée, le gouvernement lui offre comme seule perspective l'enrôlement, qu'il déguise en promotion valorisante.

SUD éducation dénonce et combat cette politique, parfaitement inadaptée aux préoccupations et aux attentes de la jeunesse. SUD éducation appelle à réagir collectivement face aux préconisations de ce guide et, plus largement, face à tous les dispositifs qui placent l'école au service des armées, qui renforcent les partenariats entre le ministère de l'éducation nationale et celui des armées. L'école doit être un espace d'émancipation, non d'embrigadement et de mise au pas. SUD éducation revendique une politique ambitieuse pour la jeunesse, à l'écoute de ses revendications sociales et écologiques. L'urgence, dont témoignent les enquêtes de Santé publique France, c'est de donner les moyens nécessaires pour répondre à la détresse d'une jeunesse en grande souffrance psychique. L'urgence encore, face à un service public d'éducation qui s'effondre, c'est de donner des moyens pour de meilleures conditions d'accueil et d'apprentissage, en commençant par baisser les effectifs par classe.